Contenu du fichier "Morales peu connues de La Fontaine"
Morales
peu connues de La Fontaine.
Pistes de travail : S’amuser à
traduire ces morales en langage familier moderne. Les illustrer par des faits réels.
Choisir une morale et l’illustrer par une histoire de son invention.
1)
Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte
ni peur n'y remédie.
2)
La Cour en Conseillers foisonne ;
Est-il
besoin d'exécuter,
L'on
ne rencontre plus personne.
3)
Les délicats sont malheureux :
Rien
ne saurait les satisfaire.
4)
Concluons que la Providence
Sait
ce qu'il nous faut, mieux que nous.
Aide :
Providence = ce que dieu décide de nous donner.
5)
On pense en être quitte en accusant son sort :
Bref
la Fortune a toujours tort.
Note
sur l’ancien français : fortune = chance ; mauvaise fortune =
malchance.
6)
La ruse la mieux ourdie
Peut
nuire à son inventeur ;
Et
souvent la perfidie
Retourne
sur son auteur.
Aide : la mieux ourdie = la mieux préparée. Au
sens propre, ourdir voulait dire tisser.
7)
Ni mon grenier, ni mon armoire
Ne
se remplit à babiller.
Aide :
babiller = parler beaucoup pour ne rien dire.
8)
Que ne sait point ourdir une langue traîtresse
Par
sa pernicieuse adresse ? (Quel
mensonge une langue ne pourrait-elle pas « tisser » ?)
Des
malheurs qui sont sortis
De
la boîte de Pandore, (boîte
de Pandore = boîte contenant tout le mal du monde, dans la mythologie grecque)
Celui
qu'à meilleur droit tout l'Univers abhorre, (celui
que tout le monde a raison de détester)
C'est
la fourbe, à mon avis. (la
fourbe = le mensonge, la tromperie)
9)
Ne t'attends qu'à toi seul, c'est un commun Proverbe.
10)
Ne forçons point notre talent, (Si
nous ne nous donnions pas de mal)
Nous
ne ferions rien avec grâce : (Nous
ne ferions rien de beau : )
Jamais
un lourdaud, quoi qu'il fasse, (ATTENTION :
lourdaud = grossier, maladroit dans ses paroles)
Ne
saurait passer pour galant. (ATTENTION :
galant = habile dans son travail)
11)
Notre condition jamais ne nous contente :
La
pire est toujours la présente.
Nous
fatiguons le Ciel à force de placets.
(Nous fatiguons dieu tellement on lui réclame)
Qu'à
chacun Jupiter accorde sa requête, (Même
si dieu acceptait la demande de chacun)
Nous
lui romprons encor la tête.
12)
D'un Magistrat ignorant
C'est
la Robe qu'on salue.
13)
L'Usage seulement fait la possession.
14)
Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile ;
Et
le beau souvent nous détruit.
15)
Chacun se trompe ici-bas.
16)
Les petits, en toute affaire
Esquivent
fort aisément ;
Les
grands ne le peuvent faire.
17)
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Défions-nous
du sort, et prenons garde à nous
Après
le gain d'une bataille.
18)
Hélas! on voit que de tout temps
Les
petits ont pâti des sottises des grands.
19)
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et
ne croyons le mal que quand il est venu.
20)
Chose n'est ici plus commune :
Le
bien nous le faisons, le mal c'est la fortune, (
ici, fortune = hasard )
On
a toujours raison, le destin toujours tort.
21)
Les injustices des pervers
Servent souvent d'excuse aux nôtres.
22)
Le peuple s'étonna comme il se pouvait faire
Qu'un
homme seul eût plus de sens
Qu'une
multitude de gens.
23)
Mieux vaut goujat debout qu'Empereur enterré.
24)
[…] entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits